Laval Les dessous du Château dévoilés

Le « Vieux Château » de Laval est bien plus vieux qu’il ne laisse paraître. On trouve en son sous-sol, les vestiges d'un logis du XIIIe siècle.

09/12/2016 à 15:34 par Administrateur

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Le « Vieux Château » de Laval est bien plus vieux qu’il ne laisse paraître. L’actuel logis, qui abrite le musée d’art naïf, date du XIVe siècle. Avant lui, un premier bâtiment avait été construit au XIIIe siècle, dont on peut encore voir des vestiges, dans les entrailles du Château.

Si l’actuel logis du Vieux Château, à Laval, date du XIVe siècle, il en existait un avant lui, d’un siècle son aîné. Le premier (chronologique) a été rasé pour laisser place au second. Néanmoins, on trouve encore des vestiges au sous-sol : les traces d’un escalier en vis, d’une chemise et du fossé qui ceinturaient la tour maîtresse, « plus communément appelée donjon aujourd’hui », relate Stéphane Hiland du service Patrimoine de la ville.

Bien plus modeste que le logis du XIVe siècle, le premier servait vraisemblablement de lieux d’habitation pour les seigneurs.

Ils vivaient à l’étage, le rez-de-chaussée étant, lui, dévolu à la domesticité : le cellier, la cuisine, etc.

L’influence de la baronnerie lavalloise

Au XIIIe siècle, Laval est gouvernée par Mathieu de Montmorency, « un connétable, parachuté ici par le Roi pour devenir l’époux d’Emma, seule héritière de Gui de Laval ». Mathieu de Montmorency et Emma vont avoir un fils, qui s’appellera Gui. Ce dernier fera, comme son père, un beau mariage, s’unissant à Philippa de Vitré, l’héritière de la baronnerie de Vitré.

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C’est ainsi qu’au XIIIe siècle, le baron de Laval devient baron de Vitré.

Non sans orgueil, la famille fera ériger au XIVe siècle un nouveau logis, plus imposant, preuve de sa grande influence. Du logis XIIIe, on ne conservera que la partie basse, qui servira de socle à la nouvelle bâtisse.

Un mur qui interroge

Les dessous du château ne sont pas accessibles par le public, hormis visites exceptionnelles, en groupes réduits.
Les dessous du château ne sont pas accessibles par le public, hormis visites exceptionnelles, en groupes réduits.

Parmi les vestiges restants, tous datés par l’archéologue Samuel Cholet, un mur pose encore aujourd’hui question. « Il s’agit d’un mur du XIe siècle. On ignore encore s’il s’agissait d’un mur d’enceinte, du reste de bâtiment, d’une annexe… », explique Stéphane Hiland.

Seul indice : « on trouve dans le mur des trous de boulin, typiques d’une construction par paliers. Ils auraient été volontairement laissés dans le but de faciliter l’entretien du mur ».

Des restaurations abusives

Le logis du XIVe siècle connaîtra à son tour d’importantes restaurations. Au XVIe siècle, des travées sont ajoutées à l’édifice. Au XXe siècle, dans le but de le transformer en un musée, l’intérieur du logis est réaménagé. Une dalle béton est alors coulée. « Beaucoup de personnes ignorent que le sol du musée n’est pas le sol d’origine ». Le grand escalier de desserte est, quant à lui, supprimé. « Des choix très arbitraires », selon Stéphane Hiland, « que nous n’aurions pas faits de nos jours ».

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Cet article vous est proposé en partenariat avec le service Patrimoine de la ville de Laval : www.patrimoine.laval.fr

53000 Laval

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