Laval Saviez-vous que la place Guillaume-le-Doyen était auparavant un cimetière ?

La place Guillaume-le-Doyen, à Laval, est un lieu tout à fait charmant aujourd’hui. Son histoire, elle, est pour le moins insolite.

28/10/2016 à 15:03 par Administrateur

Des stèles mortuaires sont encore visibles sur la façade de l’église Saint-Vénérand.
Des stèles mortuaires sont encore visibles sur la façade de l’église Saint-Vénérand.

Si, à quelques pas du Pont Vieux, une place aussi discrète que charmante porte aujourd’hui le nom du célèbre notaire lavallois Guillaume Le Doyen, ça n’est pas par hasard. Fervent chroniqueur, il relatera, dans ses journaux, l’histoire aujourd’hui méconnue de la place située derrière l’église Saint-Vénérand. « Sans lui, nous n’aurions sans doute jamais connu l’anecdote qui préside ce lieu », remarque Stéphane Hiland, du service Patrimoine de la ville de Laval.

Beaucoup d’entre nous ne nous serions pas posés la question. Toutefois, il n’est « pas banal d’avoir un espace vide au chevet d’une église ». C’est, autrefois, le lieu de prédilection où l’on construisait les cimetières. La place Guillaume-le-Doyen ne fait pas exception.

À la fin du 15e siècle, les seigneurs de la ville ont la ferme volonté de construire au pied de l’église Saint-Vénérand, érigée en 1485, un cimetière. Problème : le terrain (qui est alors un jardin) appartient à la veuve Eumond, qui refuse obstinément de le vendre.

Une délégation lui proposera d’acheter le jardin. La veuve Eumond lui dira non. Les bourgeois prieront le Conte de Laval, Guy XVI, d’intervenir. La veuve Eumond lui dira non. Les seigneurs feront même appel à l’évêque du Mans. La veuve Eumond dira aussi non à cette haute autorité paroissiale.

Une histoire de harcèlement moral

De là, l’histoire tourne au « harcèlement moral ». Afin de faire craquer la veuve Eumond, les bourgeois décident d’organiser des veillées de prières. Pendant plusieurs jours, elle ne pourra trouver le sommeil à cause de cantiques religieux chantés jusqu’au petit matin sous ses fenêtres. Elle finira par céder.

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« Le cimetière va fonctionner jusqu’à la Révolution », raconte Stéphane Hiland, « où, à l’instigation des décrets napoléoniens, les cimetières sont rejetés en périphérie des villes ».

Derrière lui, le cimetière a laissé quelques traces de son passage : des stèles funéraires gravées dans la façade de l’église Saint-Vénérand.

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Si le lieu est aujourd’hui une place coquette, Stéphane Hiland en est persuadé : on trouverait aujourd’hui encore des restes de dépouilles dans le sol.

Cet article vous est proposé en partenariat avec le service Patrimoine de la Ville de Laval : www.patrimoine.laval.fr

53000 Laval

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